Rediff : " Alice Nevers, le juge est une femme "

Publié le par Happy Ciné

                                              

 

Alors que la chaîne TV Breizh la diffuse actuellement en boucle, retour sur « Le juge est une femme », une série policière française qui n’a jamais bénéficié de la même exposition médiatique d’un « Navarro » ou d’une « Julie Lescaut », mais qui est pourtant plus plaisante.

 

A sa création, en 1993, le juge est Florence Larrieu interprétée par Florence Pernel. Cette série s’intéresse au travail du juge d’instruction en France. Nommé par le procureur de la République, celui-ci enquête en collaboration avec la police judiciaire. Hormis l’enquête policière, l’intérêt principal de la série réside dans la dynamique formée par le juge et le policier – longtemps incarné par Frédéric Diefenthal - qui travaille avec elle. A leur relation professionnelle se mêle une attirance amoureuse qui restera platonique. La série n’ayant pas la nature du feuilleton. Puis, les deux comédiens quittent la série, Diefenthal le premier.

 

La série continue mais le juge change. Alice Nevers (Marine Delterme) travaille alors avec deux policiers Guérand (Alexandre Brasseur) et Romance (Arnaud Binard), qui se disputent son affection. Ponctuée par l’humour du greffier Lemonnier (Jean Dell), le ton de la série est léger et la dynamique entre les personnages constitue son atout principal. Le duo Delterme/Binard fonctionne bien. Encore une fois l’amorce d’une relation amoureuse est assez développée pour créer l’enthousiasme, mais aussi la frustration du spectateur.

 

Il y a, avec les séries françaises, cette sensation constante que l’on ne va jamais au bout des choses. Créée par une certaine irrégularité, dans la production, dans la diffusion, dans les castings, etc. Comme d’autres comédiens avant et après lui, Arnaud Binard prend le large (pour tourner « Mystère » ? quelle drôle d’idée !)

 

Puis, la série change de format – passant de 90 à 52 minutes. Comme avec « Brigade Navarro » et la nouvelle formule de « Julie Lescaut », TF1 veut redynamiser ses fictions policières. Dans le cas d’ « Alice Nevers », la forme visuelle change beaucoup. L’image est bleutée, la juge sort maintenant de son palais pour interroger des suspects dans un commissariat à l’ambiance feutrée. Et on nous sort le miroir sans teint, auquel on ajoute une présence musicale forte. Chose inédite pour la série mais qui perturbe. L’esthétique s’inspire un peu trop frontalement de « Cold Case ». Et Alice Nevers devient une Lilly Rush en recherche de vérité. Certes, notre cher président souhaite supprimer les juges d’instruction de notre système judiciaire (suite à l’image dégradée de la profession par l’affaire d’Outreau.) Alors Alice Nevers prépare peut-être sa reconversion. Mais une référence aussi explicite à une série américaine prête à confusion.

 

L’autre gros changement est la volonté déclarée à une feuilletonisation. Le scénario des derniers épisodes diffusés introduit une grossesse de l’héroïne. Dans l’ancienne version, la juge héberge sa jeune nièce mais cet élément n’est pas vraiment développé et n’a pas le caractère définitif d’une grossesse. (Même si, par le passé, une série française comme « Premier baiser » nous a déjà montré qu’un bébé pouvait naître sans exister à l’écran.) Développer les éléments feuilletonants est en soi une bonne idée - bien que cela fasse regretter un peu plus le départ d’Arnaud Binard - et constitue un progrès à condition que la série ne soit pas annulée avant la naissance de l’enfant – qui permettrait une évolution intéressante de son héroïne.

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Publié dans SERIES - Critiques

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J
<br /> <br /> Je trouve que votre article reflète très bien la réalité concernant cette série que je regarde de temps à autre. J'aurai voulu savoir si vous pouviez m'indiquer de quelle façon Sylvain Romance va<br /> quitter la série, si vous le savez bien entendu ;).<br /> <br /> <br /> Merci encore et bonne soirée.<br /> <br /> <br /> <br />
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